Chaque culture, chaque élevage a sa plage de température : un optimum, une zone tolérée, un seuil de dégâts. Mois par mois, département par département, cette animation confronte ces plages aux relevés réels de Météo-France — et, pour le lait et la volaille, à la production nationale observée.
Choisir un territoire
Colonne d'état à droite : nominal · croissance ralentie (froid) · production ralentie · pertes de rendement · arrêt de croissance · dégâts irréversibles / mortalité. Les « ≈ −X % » sont un ordre de grandeur indicatif calculé (fraction de dépassement de l'optimum du stade), non sourcé — l'ampleur réelle dépend de la durée de l'épisode ; seuls le lait (−1 à −4 kg/j au-delà du THI 68, Idele/Timac) et le poids d'œuf (−0,8 %/°C dès 27 °C, Hendrix) sont chiffrés par des sources. Détail au survol de chaque état.
Cliquez un département : la colonne affiche les relevés quotidiens réels de la station météorologique la plus complète du département (Météo-France), percentiles compris. Les crêtes des cultures documentées changent d'elles-mêmes de forme au fil des mois selon leur stade — croissance, floraison, production (pictogrammes détaillés en légende). Cliquer une courbe l'isole ; pour les productions suivies statistiquement (vache laitière, poulet de chair), la production mensuelle réelle (statistiques Agreste/SSP, via Eurostat) s'affiche alors sous le graphique, avec le repère du même mois de l'année précédente.
Chaque ligne de crête représente la réponse d'une culture (ou d'un élevage) à la température de l'air : le sommet vert du dégradé marque sa plage optimale — un intervalle, pas un point, d'où le plateau —, les pentes bleue (froid) et orange (chaud) sa plage tolérée. La colonne jaune balaie les températures observées mois par mois, pour le territoire choisi sur la carte : les libellés passent du vert à l'orange puis au rouge à mesure que le mois déborde de la zone de chaque production.
Cliquez une culture. Le panneau de droite relie le stade BBCH au régime thermique du stade, à l'exposition observée, au statut hydrique disponible et à l'effet physiologique attendu. Les niveaux de confiance séparent les données directement documentées des correspondances interprétées.
L'échelle BBCH fournit un vocabulaire commun pour décrire les stades visibles des plantes au moyen de codes à deux chiffres. Elle est recommandée par l'EPPO et existe sous des clés spécifiques pour les céréales, le maïs, la pomme de terre, les arbres fruitiers, la vigne, les petits fruits et de nombreuses cultures légumières. Elle ne définit pas à elle seule une température optimale, une pluviométrie ou une humidité optimale : ces variables restent des données environnementales associées à la phénologie.
Dans cette version, les anciennes catégories croissance / floraison / production sont conservées pour ne pas inventer une précision BBCH absente des données actuelles : elles sont reliées aux grandes fenêtres BBCH ci-dessus. Pour une version agronomique de référence, les fenêtres doivent ensuite être renseignées culture par culture à partir de la clé BBCH correspondante (et non déduites du seul calendrier mensuel).
Référence BBCH : EPPO, « BBCH Scales: Growth stages of mono-and dicotyledonous plants » et mises à jour des clés BBCH. EPPO — BBCH growth stage keys La base FAO EcoCrop fournit séparément des contraintes environnementales telles que températures minimale/maximale, précipitations annuelles et pH des sols. FAO — EcoCrop
Synthèse documentaire
La plupart des végétaux répondent à la température selon une courbe en cloche : la croissance accélère avec la chaleur jusqu'à un optimum, puis chute — et la chute est bien plus brutale après l'optimum qu'avant. Chaque dépassement se paie d'abord en ralentissement de production, puis en dégâts irréversibles : fleurs avortées, pollen stérile, grains échaudés, feuilles brûlées [1][2][13].
Trois familles de chiffres coexistent et ne se superposent pas exactement : (a) les seuils de dégâts économiques cités par Serge Zaka (pertes de rendement, arrêt de croissance) ; (b) les seuils physiologiques d'élevage, qui dépendent du couple température-humidité (THI) ; (c) les plages de croissance FAO EcoCrop (optimum et bornes de survie).
Les besoins en eau indiqués sont la pluviométrie annuelle optimale d'EcoCrop : l'irrigation peut compenser un déficit (le palmier dattier en est l'exemple extrême), et la répartition dans la saison compte plus que le total. Textures de sol résumées : léger = sableux, moyen = limoneux, lourd = argileux, humifère = riche en matière organique ; « drainé » = ne supporte pas l'eau stagnante.
Les zones vertes et orange sont une interprétation graphique de points de repère (optimum, seuil de dégâts, maximum absolu). L'effet réel d'un dépassement dépend du stade phénologique, de la durée de l'épisode et de l'état hydrique du sol. Pour l'élevage, bornes indicatives pour une humidité moyenne.
Cas particuliers : le pois gourmand partage la fiche EcoCrop du petit pois (Pisum sativum) et la nectarine celle de la pêche (Prunus persica) ; la mûre utilise une fiche générique du genre Rubus ; la myrtille figure sous deux fiches aux tolérances très différentes (sauvage V. myrtillus, cultivée V. corymbosum) ; le chia est absent d'EcoCrop [17]. Les fruitiers (pommier, prunier, cassis, myrtille, pistachier…) ont aussi des besoins de froid hivernal non représentés ici — l'autre risque climatique souligné par S. Zaka.
Animation — la colonne jaune. Elle s'appuie sur les relevés quotidiens réels de la station la plus complète de chaque département (Météo-France) ; l'indicateur « France » en est la moyenne. Le mode « p10–p90 » remplace min–max par la bande qui contient 80 % des jours du mois : on classe les températures moyennes de chaque journée et on écarte les 10 % de jours les plus froids et les 10 % les plus chauds — plus robuste que min–max, qui mélange nuits et après-midis. Cette bande est exacte : calculée sur les journées réellement observées. Données : meteo.data.gouv.fr et Eurostat/Agreste (productions).
Animation — phénologie et calendrier. Une culture grisée n'est pas en terre ce mois-là (une tomate « trop froide » en janvier serait un artefact) ; calendriers indicatifs France métropolitaine, cultures des régions chaudes affichées toute l'année. Pour 13 cultures documentées, la crête suit le stade BBCH du mois. Sourçage : fenêtres blé (floraison ~15-25 mai à début juin) et maïs (floraison femelle début à fin juillet, récolte 45-70 jours après) publiées par Arvalis ; vigne (juin), fruitiers (pommier avril, pêche mars, amandier février-mars) et tournesol (juillet) : repères moyens des instituts (IFV, CTIFL, Terres Inovia), ±2-3 semaines selon région, variété et année. Les plages °C de croissance sont EcoCrop (sourcées) ; celles de floraison/production sont des estimations encadrées par les seuils ◆ sourcés — le maillon à consolider. La floraison révèle aussi le risque « froid » : l'amandier fleurit en février-mars, sa crête de floraison descend vers 8 °C et son pied touche 0 °C — le gel tardif redevient visible.
Synthèse construite à partir des interviews et conférences de Serge Zaka, docteur en agroclimatologie et fondateur d'AgroClimat2050 (sources [1] à [5] et [13]), complétée par la base FAO EcoCrop [14] pour les plages des autres cultures, les besoins en eau et les sols, et par des références techniques d'élevage et d'instituts pour les seuils qu'il ne chiffre pas lui-même ([6] à [12], [18]).